28. Girjesh Kumar Singh, HAAL MUKAAM : ADRESSE ACTUELLE

Œuvres créées à partir de briques et de mortier provenant de constructions démolies
Certains s’en éloignent en quête de liberté, d’autres par la force du destin. Les liens qui vous unissent à la construction ne vous abandonnent jamais.
Cette exposition personnelle de Girjesh Kumar Singh explore l’idée qu’aucune adresse n’est jamais permanente. Cette impermanence est intrinsèque au matériau qu’il a choisi : des briques récupérées de constructions démolies, arrachées aux vestiges de leurs anciennes demeures, se voient attribuer de nouvelles adresses au sein de ses œuvres.
Chaque adresse est provisoire, chaque habitation temporaire, en perpétuel mouvement, à l’image du flux de la vie humaine elle-même. Les œuvres reposent sur l’idée de la vie comme un voyage universel, un voyage au cours duquel nous sommes toujours en chemin.
Les figures dans les œuvres de Singh ne sont jamais inactives. Elles s’accrochent à leurs affaires, s’appuient dessus ou les bercent – ​​des gestes qui ne signifient pas seulement l’attente, mais une préparation, une répétition subtile du départ. C’est cet interstice que Singh appelle l’« escale », une pause non pas dans la vie, mais au sein de celle-ci, un moment entre l’arrivée et le départ. Il est empreint d’anticipation. Dans l’attente, on prend conscience de la direction, des visages laissés derrière soi, des compagnons à venir. C’est un état de devenir perpétuel, une préparation à ce qui n’est pas encore arrivé, une confrontation avec l’itinéraire invisible de soi-même.
Chaque œuvre est intitulée En Transit. Il n’y a pas de voyage sans bagages, qu’ils soient littéraux ou métaphoriques.
Nous portons des identités, des histoires, des systèmes de croyances et des souvenirs.
L’idéal est de voyager léger, même si nous savons que la légèreté est une grâce rarement atteinte. Même dans les moments de rupture – lorsque nous sommes brisés, déplacés, rejetés – les bagages persistent. La mémoire, la personnalité et l’expérience vécue perdurent. Tels des murs fracturés portant encore le poids du passé, les fragments conservent leur sens. Les œuvres reflètent cette résilience.